52191.HR copie.jpg

LA GUERRE DE SEPT ANS EST-ELLE UN EXEMPLE DE GUERRE À OUTRANCE ?

La guerre est-elle une simple continuation

de la politique par d'autres moyens ?

COMPÉTENCES TRAVAILLÉES

CONNAISSANCES :

  • Conflit

  • Guerre

  • Guerre de Sept Ans

  • Objectifs de la guerre

CAPACITÉS :

  • Conduire une démarche historique ou géographique et la justifier.

Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique ou géographique.

  • S’exprimer à l’écrit

Elément signifiant : Rédiger un développement

ATTITUDES :

  • Autonomie

Elément signifiant : prendre part à une production collective

Objectifs :

  • Définir la guerre et ses formes

  • Définir un conflit

  • Identifier les contraintes et les ressources d’une situation géopolitique

  • Extraire des informations d'un dossier documentaire

  • Réaliser un croquis

  • Réaliser un oral continu

Documents : 

Document 1 :




Nicolas Pocock, La bataille de la baie de Quiberon, 20 novembre 1759, huile sur toile, 1812, National Maritime Museum

 

Document 2 :

 

La guerre de Sept Ans marque un paroxysme. Car elle fut une guerre mondiale. C'est vrai d'abord par l'ampleur des champs de bataille choisis ou imposés par les protagonistes sur tous les continents du monde. [...] L'Angleterre s'est donné la capacité d'imposer à ses adversaires, et donc à son ennemi principal, la France, une nouvelle guerre dite à outrance. Le but n'est plus d'« arraisonner » l'ennemi ou de le mettre en difficulté pour le conduire à la table des négociations. Il est désormais de le détruire. Les amiraux de Londres imposent une guerre dont le champ de batailles est le monde des empires coloniaux. [...] La guerre de Sept Ans a également enfanté une conception contemporaine de la guerre : la recherche du démantèlement des forces de l'adversaire dans sa capitulation. Le traité de Paris signé par Georges III d'Angleterre, Louis XV et Charles III d'Espagne est une catastrophe pour la France, qui perd presque toutes ses possessions coloniales.

Pierre Serna, 1763 catastrophe française, L'Histoire, n° 393, novembre 2013

 

Document 3 :

 

« La guerre n'est qu'un duel sur une grande échelle [...]. Son but immédiat est de terrasser l'adversaire et de le rendre par là incapable de continuer la résistance [...]. La guerre est un acte de violence à l'emploi de laquelle il n'existe pas de limites ; les belligérants s'imposent mutuellement la loi ; il en résulte une action réciproque qui doit conduire aux extrêmes. La guerre forme [...] une singulière trinité composée : de la violence originelle de son élément, de la haine et de l'hostilité, qu'on peut considérer comme un instinct aveugle ; du jeu des probabilités et du hasard, qui y introduit l'activité libre de l'âme ; de la nature subordonnée de l'instrument politique, ce qui la rapporte à l'entendement pur. La première de ces trois faces correspond au peuple, la seconde au général et à son armée, la troisième au gouvernement. Les passions qui y seront mises en jeu doivent déjà exister dans les nations ; l'étendue qu'acquiert l'élément de courage et de talent dans le domaine de la probabilité et du hasard dépend de la qualité du chef et de l'armée ; les fins politiques se rapportent exclusivement au gouvernement. »

Carl von Clausewitz, De la guerre, livre I, chapitre 1, 1832.

 

Document 4 :

 

La guerre d'une communauté - de nations entières et notamment de nations civilisées - surgit toujours d'une situation politique et ne résulte que d'un motif politique. [...] Aussi la politique pénètrera-t-elle l'acte de guerre entier en exerçant une influence constante sur lui, dans la mesure où le permet la nature des forces explosives qui s'y exercent. La guerre est une simple continuation de la politique par d'autres moyens. Nous voyons donc que la guerre n'est pas seulement un acte politique, mais un véritable instrument politique, une poursuite des relations politiques, une réalisation de celles-ci par d'autres moyens.

Carl von Clausewitz, De la guerre, La nature de la guerre • Iivre 1, chapitre 1, 1832

 

Document 5 :

Comme la guerre n'est pas un acte de fureur aveugle, mais un acte dominé par la fin politique, la valeur de cette fin politique doit décider de l'ampleur des sacrifices aux prix desquels nous voulons l'acquérir. Cela ne vaut pas seulement pour leur étendue, mais aussi pour leur durée. Donc, dès que la dépense d'énergie devient trop importante pour être équilibrée par la valeur de la fin politique, cette dernière doit être abandonnée et la paix doit s'ensuivre. [...] Durant la guerre de Sept Ans, Frédéric le Grand n'aurait jamais été en mesure de défaire la monarchie autrichienne ; et eût-il cherché à le faire, à la manière d'un Charles XII(1), qu'il serait allé immanquablement à sa perte. Mais lorsqu'une sage économie de ses forces, et le talent avec lequel il sut les employer, eut montré pendant sept ans aux puissances liguées contre lui que leur dépense de force excédait largement leurs prévisions initiales, elles conclurent la paix.

Carl von Clausewitz, De la guerre, livre I, chapitre 2, trad. N. Wauquet, 2006.

 

1.Charles XII (1682-1718), roi de Suède, est resté célèbre pour avoir été un grand chef de guerre.

J'ai besoin d'une aide pour mieux comprendre la consigne

J'ai besoin d'une aide pour réussir l'oral

J'ai besoin d'une aide pour réaliser l'infographie

Iklasse, tous droits réservés