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COMPÉTENCES TRAVAILLÉES

CONNAISSANCES :

  • Les transformations de la démocratie en Turquie

CAPACITÉS :

  • Conduire une démarche géographique et la justifier. 

Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique.

ATTITUDES :

  • Autonomie

Elément signifiant : prendre part à une production collective

Objectifs :

  • Comprendre comment la démocratie en Turquie est transformée

  • Compléter un tableau
     

La Turquie moderne, fondée sous l'impulsion de Mustafa Kemal Atatürk en 1923 sur les ruines de l'Empire ottoman est une république dirigée par Recep Tayyip Erdogan de 2003 à 2014 comme premier ministre puis depuis 2014 comme président.

Document 1 : 

Une nouvelle ère politique s’ouvre pour la Turquie après la victoire de Recep Tayyip Erdogan aux élections du 24 juin (…). Il y a presque deux ans, il était passé tout près de perdre son pouvoir, peut-être même sa vie. Recep Tayyip Erdogan avait dû utiliser l’application FaceTime pour appeler son peuple à descendre dans la rue, alors qu’une tentative de putsch était en cours. Persuadé d’être un miraculé, le président turc n’a depuis eu de cesse de renforcer son pouvoir, de prendre sa revanche sur ses adversaires en en profitant pour museler tout type d’opposition, et finir ainsi de bâtir un nouvel héritage politique dans un pays profondément marqué par la figure d’Atatürk.

Recep Tayyip Erdogan a réalisé son rêve [dimanche 24 juin] en devenant l’égal du père de la Turquie. Malgré l’histoire autoritaire du pays, jamais un dirigeant n’avait eu autant de pouvoir depuis Mustafa Kemal Atatürk. En remportant l’élection présidentielle dès le premier tour, avec 52,8 % des voix, pour un taux de participation de 88 %, Recep Tayyip Erdogan a largement gagné son pari.

Ces élections anticipées devaient lui permettre de donner une légitimité populaire à sa dérive autocratique, de valider politiquement la réforme constitutionnelle qui lui permet d’enfiler le costume d’hyperprésident. Malgré une opposition plus déterminée que jamais, malgré une économie chancelante, malgré une politique régionale inconsistante, le nouveau “reïs” n’aura même pas eu besoin d’un deuxième tour.

L’esprit de la démocratie est détourné

La Turquie donne l’impression d’avoir parachevé son basculement dans la “démocrature”. Le président détient tous les pouvoirs exécutifs, il peut nommer les ministres comme les hauts magistrats, il peut annihiler tous les contre-pouvoirs institutionnels ou issus de la société civile. Mais il tire tout de même sa légitimité de son assise populaire qui, bien qu’en perte de vitesse, reste conséquente.

Plus que d’Atatürk, M. Erdogan semble s’être inspiré de Vladimir Poutine. À l’instar de son partenaire russe, le président turc profite des élections pour faire taire les critiques sur le caractère autocratique de son pouvoir. Les règles de la démocratie sont en apparence respectées. Mais l’esprit est fondamentalement détourné : pas de transition au sommet de l’exécutif, pas ou peu d’opposition, pas ou peu de médias libres, pas ou peu de liberté de manifester.

Anthony Samrani, La Turquie parachève son basculement dans la démocrature,

L’Orient - Le Jour (1), 27.06.2018

https://www.lorientlejour.com/article/1122655/la-turquie-paracheve-son-basculement-dans-la-democrature-.html

 

  1. L’Orient-Le Jour est un journal qui fut longtemps le quotidien francophone de Beyrouth, né en 1970 d’une fusion entre L’Orient et Le Jour. Les journalistes manient un français vif et percutant sans autocensure voyante… Et il n’est pas exagéré d’affirmer que L’Orient-Le Jour est aujourd’hui le plus intéressant quotidien libanais et l’un des meilleurs du monde arabe.

Document 2 : 

« Erdogan ré-ré-élu », dessin de Michel Kichka, dessinateur israélien, 24.06.2018

https://fr.kichka.com/2018/06/24/erdogan-re-re-reelu/

Document 3 :

Deux ans après avoir échappé à un putsch militaire, le président Recep Tayyip Erdogan a prêté serment lundi 9 juillet pour un nouveau mandat présidentiel de cinq ans.

Il inaugure une nouvelle ère dans l’histoire moderne de la Turquie avec le passage au système présidentiel, aux termes d’une révision constitutionnelle adoptée de justesse par référendum en avril 2017. Ce nouveau système, dénoncé comme autocratique par ses détracteurs, devrait se traduire par des pouvoirs accrus.

Au pouvoir depuis 2003 d’abord comme premier ministre puis président, M. Erdogan, 64 ans, a été confortablement réélu le 24 juin. Il a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour, avec 52,6 % des voix, loin devant ses concurrents (…).

Son accession à cette « hyperprésidence » a lieu près de deux ans après une tentative de coup d’Etat, le 15 juillet 2016, menée par des militaires factieux et suivie de vastes purges notamment au sein des forces armées, la police et les administrations, avec l’arrestation ou le limogeage de dizaines de milliers de personnes.

La dernière vague de purges, annoncée dimanche, a touché plus de 18 000 personnes, en majorité des soldats et des policiers, qui ont été limogées par un décret-loi présenté comme le dernier sous l’état d’urgence instauré au lendemain du putsch manqué.

M. Erdogan « aura désormais le soutien institutionnel et légal pour contrôler quasiment tout », dans le cadre du nouveau système, explique Ayse Ayata, professeuse de sciences politiques à l’Université technique du Moyen-Orient (ÖDTÜ), à Ankara (…).

Le poste de premier ministre sera supprimé, le chef de l’Etat détiendra désormais l’ensemble du pouvoir exécutif et pourra promulguer des décrets. Il nommera également six des treize membres du Conseil des juges et procureurs (HSK), chargé de nommer et destituer le personnel du système judiciaire.

Et, comme le président est aussi le chef de sa formation politique, « il aura le contrôle des députés de son parti, ce qui signifie que le président aura le contrôle sur les branches exécutive, judiciaire et législative du pays », explique Emre Erdogan, professeur de sciences politiques à l’université Bilgi à Istanbul.

« Un tel système crée un vaste espace d’opportunités pour qu’un président (…) gouverne le pays à lui seul », ajoute-t-il.

 

Le Monde avec AFP, 09 juillet 2018

Document 4 :

Recep Tayyip Erdogan devant ses supporters le 31 mars 2019 à l’occasion des élections municipales en Turquie.

Document 5 :

Manifestation des militants de reporters sans frontières (RSF) le 29 mai 2017 devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à Strasbourg.