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COMPÉTENCES TRAVAILLÉES

CONNAISSANCES :

  • Les fragilités de la démocratie en Hongrie

CAPACITÉS :

  • Conduire une démarche géographique et la justifier. 

Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique.

ATTITUDES :

  • Autonomie

Elément signifiant : prendre part à une production collective

Objectifs :

  • Comprendre comment la démocratie en Hongrie connaît des difficultés

  • Compléter un tableau
     

Document 1 :

Viktor Orban, premier ministre hongrois depuis 2010, à l'annonce des résultats partiels des élections législatives de 2018, à Budapest. Son parti, Fidesz, obtient 48,8% des voix, avec près de trente points d'avance sur le Jobbik, formation d'extrême droite qui a abandonné la rhétorique xénophobe. Ce résultat laisse bon espoir à la future majorité de décrocher 133 sièges sur les 199 du parlement hongrois et donc une nouvelle «super-majorité» des deux-tiers, comme en 2010 et 2014, qui permet de faire voter des changements constitutionnels.

REUTERS/Leonhard Foeger

Document 2 : Ce que reproche l'Union européenne à la Hongrie de Viktor Orban

 

La Hongrie est plus que jamais dans le viseur de l'Union européenne. Les députés ont demandé au Conseil européen de lancer une procédure de sanction à l'encontre de Budapest. Cette mesure rarissime de l'article 7, si elle va à son terme, pourrait priver le pays dirigé par le populiste Viktor Orban de ses droits de vote en raison de «risque de violation grave de ses valeurs».
Le Parlement reproche notamment au premier ministre et son gouvernement de ne pas respecter les valeurs de «respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, de l'État de droit» édictées dans l'article 2 du traité européen. En cela, la Hongrie représente une menace «systémique» pour l'UE, juge la résolution, adoptée à la majorité des deux tiers et transmise à tous les États membres.
La résolution du Parlement européen est tirée d'un rapport, publié le 4 juillet par l'eurodéputée néerlandaise Judith Sargentini (Verts). Ce document d'une trentaine de pages établit une longue liste de «préoccupations» concernant la Hongrie, notamment depuis l'arrivée au pouvoir du Fidesz, le parti de Viktor Orban, en avril dernier. Bafouement des libertés, traitement des migrants, indépendance de la justice.
Le rapport met en évidence les préoccupations de la Commission européenne concernant la constitution, ou loi fondamentale, en Hongrie. Saluant le fait que cette loi a été fondée sur la démocratie, l'institution évoque toutefois un «manque de transparence du processus, le fait que la société civile y ait été insuffisamment associée, l'absence de consultation sincère, la mise en danger de la séparation des pouvoirs et l'affaiblissement du système national de contre-pouvoirs».
Dès 2015, la Commission européenne s'est inquiétée de plusieurs modifications de la loi sur la presse et la loi sur les médias, les «contenus médiatiques illégaux, la divulgation des sources journalistiques et les sanctions imposées aux entreprises médiatiques». Quant au «droit d'accès aux informations publiques», il a été restreint, malgré des recommandations de Venise.
Lors de la campagne de 2018, l'accès à l'information et la liberté des médias et la liberté d'association ont été «limitées, notamment par des modifications récentes de la législation», a constaté d'OSCE, dénonçant une couverture médiatique «hautement polarisée et dépourvue d'analyse critique». Par exemple le radiodiffuseur public a «clairement favorisé la coalition au pouvoir, ce qui est en contradiction avec les normes internationales».
La liberté d'association a elle aussi été mise à mal après l'adoption d'une loi, le 13 juin 2017, qui limite l'action des ONG en introduisant des exigences de transparence liées aux dons étrangers reçues par ces organisations dans le but avoué de lutter contre «le blanchiment d'argent et le terrorisme». Le parlement insinuait alors que certaines associations étaient des «agents étrangers» et contestait leur légitimité. La plupart de ces ONG travaillent avec les migrants. Cette loi a vivement été critiquée par l'Union européenne et le Conseil de l'Europe.
Dans un rapport de 2014, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a indiqué qu'il était préoccupé par la détérioration de la situation en ce qui concerne le racisme et l'intolérance en Hongrie. Ce qui se traduit, notamment par «la gravité des violences envers les Roms et les marches paramilitaires ainsi que les patrouilles dans les villages peuplés de Roms»(…). Autre minorité visée par les autorités hongroises : les Juifs. (…). L'antisémitisme se matérialise par «des discours de haine et des actes de violence à l'encontre de personnes ou de biens juifs», détaille-t-on.
Dans ses observations du 5 avril 2018, le Comité des droits de l'homme de l'ONU constate «avec préoccupation» la loi adoptée par le parlement en mars 2017 autorisant le renvoi automatique de tous les demandeurs d'asile vers les zones de transit pendant toute la durée de leur procédure (…). La Hongrie permet à ses autorités «d'arrêter, d'inculper pénalement et d'expulser immédiatement des zones frontalières» toute personne «résidant légalement soupçonnée d'aider» des réfugiés à présenter une demande d'asile, a-t-elle assuré. Dans son rapport, l'ONU mentionne une loi de 2016 autorisant l'expulsion sommaire de toute personne ayant franchi la frontière de manière irrégulière et arrêtée sur le territoire dans un rayon de huit kilomètres à partir de la frontière. Une limite qui a été, par la suite, étendue à tout le territoire.

Etienne Jacob, Yohan Blavignat(1), Le Figaro, 12/09/2018

1. Etienne Jacob, Yohan Blavignat sont journalistes politiques au Figaro.

Document 3 :

La concentration de la propriété des médias dans les mains d’oligarques ne cesse d’augmenter en Hongrie. Au cours des dernières années, le paysage médiatique hongrois a été bouleversé : les médias critiques les plus importants ont dû mettre la clé sous la porte ; d’autres ont vu leur indépendance menacée par l'arrivée d'industriels proches du pouvoir au sein de leur structure éditoriale ou de financement, tel cet énorme consortium pro-Orban voué à regrouper près de 500 médias privés, télévisions câblées, radios et sites internet, ainsi que toute la presse quotidienne régionale. Ce regroupement a été déclaré d'"une importance stratégique nationale dans l'intérêt du public", empêchant de fait toute possibilité pour des médias concurrents ou des responsables du secteur de s'y opposer.

Site internet Reporters sans frontières, consulté le 9 août 2019