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COMPÉTENCES TRAVAILLÉES

CONNAISSANCES :

  • Les conséquences de l'annexion de la Crimée par la Russie

  • Les enjeux géopolitiques de la région

CAPACITÉS :

  • Conduire une démarche géographique et la justifier. 

Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique. 

 

  • S’exprimer à l’oral

Elément signifiant : réaliser un oral préparé de 3 minutes (mobilisation des ressources physiques, clarté et pertinence du propos)

ATTITUDES :

  • Autonomie

Elément signifiant : prendre part à une production collective

Objectifs :

  • Comprendre les conséquences de l'annexion de la Crimée par la Russie

  • Comprendre les enjeux géopolitiques de la région

Document 1 :

Chappatte, Un an d’annexion de la Crimée, The International New York Times(1), 18 mars 2015

  1. The New York Times est de loin le premier quotidien des Etats-Unis, c’est le journal du référence du pays. Sa ligne éditoriale est de centre gauche.

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Document 2 :

Laura Marguerite, La mer d’Azov : nouveau théâtre du conflit russo-ukrainien

Carto n°52, mars-avril 2019.

Document 3 :

Coincée entre l’Ukraine et la Russie, sans frontières maritimes délimitées, la mer d’Azov constitue un nouveau point de frictions entre les deux pays. Alors que Moscou exerce un blocus économique sur le détroit de Kertch, unique passage vers la mer Noire, la militarisation croissante de la mer d’Azov et les accrochages successifs entre les marines russe et ukrainienne font craindre une possible escalade.

La capture par les gardes-côtes russes, le 25 novembre 2018, de deux vedettes blindées et d’un remorqueur de la marine ukrainienne qui tentaient de franchir le détroit de Kertch marque l’intensification des tensions entre les deux pays concernant le contrôle de la mer d’Azov (…). Le statut juridique de la mer d’Azov est complexe. Ancienne mer intérieure soviétique, elle est partagée entre Moscou et Kiev depuis 1991. En vertu d’un accord bilatéral conclu en décembre 2003, la mer d’Azov et le détroit de Kertch qui commande son unique entrée ont le statut d’eaux intérieures de l’Ukraine et de la Russie, donnant aux navires militaires et civils des deux pays le droit de libre circulation. Cet accord a cependant repoussé l’établissement des frontières maritimes entre les deux États, qui ne sont toujours pas délimitées. Si les navires commerciaux battant pavillon d’un autre pays peuvent passer librement à condition de se rendre vers un port russe ou ukrainien, les navires militaires d’États tiers doivent recevoir l’autorisation conjointe de Kiev et de Moscou. Or le rattachement de la Crimée à la Russie donne le contrôle effectif des deux rives du détroit à Moscou.

L’inauguration du pont de Crimée en mai 2018, qui enjambe le détroit de Kertch sur 19 kilomètres, a renforcé la domination russe sur l’entrée de la mer d’Azov. L’ouvrage devait rompre le blocus terrestre instauré par l’Ukraine sur la Crimée après son annexion, en reliant la péninsule à la région de Krasnodar en Russie (…). L’espacement rapproché entre les piliers du pont de Crimée ne laisse qu’un unique passage, créant un engorgement qui n’existait pas auparavant et facilitant le blocage physique du détroit. La hauteur du pont, 33 mètres, interdit également l’entrée aux grands cargos de type Panamax1, obligeant à transborder les marchandises sur de plus petits navires. Ces restrictions ne touchent pas identiquement les ports ukrainiens et les ports russes. Les rivages russes sont peu profonds et marécageux, limitant la taille des bateaux qui y opèrent, alors que les côtes ukrainiennes sont plus basses. Avant 2018, les bateaux traversant le détroit pour rejoindre la Russie transportaient en moyenne des chargements de 5 000 tonnes contre plus de 20 000 tonnes pour ceux accostant dans les ports ukrainiens de Marioupol et de Berdiansk (…). Les conséquences économiques sont difficiles à chiffrer pour l’Ukraine. Le volume de fret manipulé annuellement par le port de Marioupol avait déjà chuté de 15 millions à 6 millions de tonnes entre 2013 et 2017 (…). L’économie de la ville de 455 000 habitants repose sur deux fonderies dépendantes des exportations et qui totalisaient 80 % du trafic du port en 2017 (…). Malgré le déploiement en septembre 2018 de trois petites vedettes en mer d’Azov, Kiev ne peut rivaliser avec la marine russe qui y disposerait d’une quarantaine de vedettes de garde-côtes et de dix vaisseaux de guerre, dont plusieurs ont été transférés depuis la mer Caspienne en passant par la Volga et le Don. De plus, l’annexion de la Crimée aurait privé l’Ukraine de 70 à 80 % de sa flotte qui était ­stationnée dans les ports de la péninsule. 

La mer d’Azov : nouveau théâtre du conflit russo-ukrainien, Carto n°52, mars-avril 2019.

 

1. navire de grande taille capable de passer dans les écluses du canal de Panama

Document 4 :

La géopolitique [...] s'insère méthodologiquement entre la description des acteurs et la prévision (prudente) de leurs stratégies. Compte tenu de la géographie, de l'histoire, de l'ethnologie, de l'économie, elle met en équation les facteurs permettant de décrypter les enjeux de pouvoir sur les territoires. Géo-historique dans ses fondements, elle est politique dans ses fins et repose sur des outils d'analyse propres. Mais elle sollicite en permanence les autres savoirs, et correspond donc, en sa multidisciplinarité même, à une méthode d'approche plutôt qu'à une science. [...] Faisant la part des coopérations et des oppositions entre unités politiques, elle éclaire les fondements des actions pacifiques ou guerrières.

Olivier Zajec, Introduction à l'analyse géopolitique,

Éditions du Rocher, 2018.