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COMPÉTENCES TRAVAILLÉES

CONNAISSANCES :

  • La périodisation

CAPACITÉS :

  • Construire une argumentation historique 

Elément signifiant : Procéder à l’analyse critique d’un document selon une approche historique. 

  • Conduire une démarche géographique et la justifier. 

Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique.

ATTITUDES :

  • Autonomie

Elément signifiant : prendre part à une production collective

Objectifs :

  • Comprendre que la périodisation est une construction qui n’est pas neutre

  • Extraire des informations d’un dossier documentaire.

  • Travailler en groupe dans le calme.

Document 1 :

Si les historiens trouvent sur leur chemin des périodisations forgées en dehors de leur discipline, force est d’observer qu’ils ne les utilisent qu’avec parcimonie1. Ainsi du « siècle », au sens de période de cent années encadrée par des millésimes à deux zéros, qui ne s’impose qu’au début du XIXe siècle. Si les historiens utilisent le mot, ils ne considèrent généralement pas les années séculaires comme des césures significatives : ainsi, traitant de l’économie, ils parlent de « long XVIe siècle » (de la fin du XVe au début du XVIIe) ou encore considèrent que le XIXe siècle ne s’achève qu’en 1914, y incluant donc la « belle époque »... autre périodisation empruntée. Dans la nomenclature des spécialités universitaires, « siècle », peu usité en histoire, l’est encore très largement dans les départements de littérature. 

Les contemporanéistes(2) ont emprunté la formule « trente Glorieuses » – forgée, en 1979, par l’économiste Jean Fourastié – pour qualifier les trois décennies de croissance qui suivent la Seconde Guerre mondiale. Récemment, après avoir procédé à une analyse plus fine de l’évolution économique, sociale et culturelle et pris en compte les perceptions des Français de cette époque, certains historiens mettent en cause une appellation qui considère comme homogène une période en réalité contrastée. 

Jean Leduc(3), la construction historique des cadres de la périodisation,

« Découper le temps, Actualité de la périodisation en histoire », revue ATALA N°17, 2014

 

  1. avec économie.

  2. Enseignant en histoire contemporaine.

  3. Jean Leduc est historien, spécialiste de l’histoire de l’éducation

Document 2 :

C’est à partir de 1874 que les programmes d’histoire de l’enseignement secondaire français placent en 1789 la fin des temps modernes, fixée auparavant en 1814 ou 1815. Au demeurant cette date de 1789 n’est pas significative dans d’autres pays : les historiens anglais et américains accordent plus d’importance, pour la transition entre early modern et Late modern, à la révolution industrielle. En Union soviétique(1), c’est la révolution d’Octobre 1917 qui séparait époques « moderne » et « contemporaine ». En Chine maoïste(2), la période « moderne » commençait avec la guerre de l’Opium (qui éclata en 1839) par laquelle la Grande-Bretagne obligea l’empire des Qing à s’ouvrir au commerce international et la période « contemporaine » débutait avec le Mouvement étudiant du 4 mai 1919 en réaction aux prétentions territoriales japonaises. 

Jean Leduc(1), la construction historique des cadres de la périodisation, « Découper le temps, Actualité de la périodisation en histoire », revue ATALA N°17, 2014

  1. Etat qui a existé de 1922 à 1991 né de la révolution dite révolution d’octobre 1917.

  2. la Chine maoïste est nom donné à la période de l’histoire de la Chine dominée par Mao Zedong.  

  3. Jean Leduc est historien, spécialiste de l’histoire de l’éducation.

Document 3 :

La Révolution française et son prolongement napoléonien, généralement considérés, du moins par l’historiographie(1) française, comme le passage de la période moderne à la période contemporaine, ont également suscité des débats. Robert Palmer et Jacques Godechot(2) soutiennent, au Congrès international des sciences historiques de Rome de 1955, l’idée d’une « révolution atlantique » dans laquelle ces épisodes s’inséreraient, longue période commençant avant 1789 et s’achevant en 1850. S’en tenant au cas français, François Furet(3) publie en 1989, dans une histoire de France éditée par Hachette, La révolution, de Turgot(4) à Jules Ferry(5) (1770-­1880) : il y considère que le processus révolutionnaire, amorcé – comme le pensait déjà Tocqueville(6) – dès la fin de l’Ancien Régime, ne s’achève qu’avec l’arrivée au pouvoir des républicains opportunistes. 

Jean Leduc, la construction historique des cadres de la périodisation,

« Découper le temps, Actualité de la périodisation en histoire », revue ATALA N°17, 2014

 

  1. Histoire de la discipline historique. L'historien utilise différentes sources : les témoignages écrits ou oraux, la presse, les archives et des sources matérielles (objets, monnaie, vestiges archéologiques). Tous les objets, les sources et les méthodes de l'Histoire ont évolué. C'est le rôle de l'historiographie de comprendre ces changements.

  2. Robert Palmer était un historien américain du XXe siècle spécialiste du XVIIIe siècle. Jacques Gaudechot était un historien français du XXe siècle spécialiste de la Révolution française 

  3. François Furet était un historien français du XXe siècle, spécialiste de la Révolution française.

  4. Turgot fut un ministre de Louis XVI de 1774 à 1776

  5. Jules Ferry fut un homme politique français de la fin du XIXe siècle plusieurs fois ministre notamment de l’instruction publique. 

  6. Homme politique français de la première moitié du XIXe siècle. Il fut aussi un penseur politique qui s’intéressa beaucoup à la démocratie américaine.