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COMPÉTENCES TRAVAILLÉES

CONNAISSANCES :

  • La périodisation

CAPACITÉS :

  • Construire une argumentation historique 

Elément signifiant : Procéder à l’analyse critique d’un document selon une approche historique. 

  • Conduire une démarche géographique et la justifier. 

Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique.

ATTITUDES :

  • Autonomie

Elément signifiant : prendre part à une production collective

Objectifs :

  • Comprendre que la périodisation est une construction qui n’est pas neutre

  • Extraire des informations d’un dossier documentaire.

  • Travailler en groupe dans le calme.

Document 1 :

S’il reste beaucoup à faire pour la préciser, l’histoire de la périodisation canonique(1), entendue comme le découpage de l’histoire en quatre grandes périodes, à savoir l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et l’époque contemporaine, est connue dans ses grandes lignes. Elle est déjà ancienne : c’est au début du XVe siècle que les humanistes italiens entreprennent de distinguer l’Antiquité des « temps modernes » et c’est peu après, dans la seconde moitié du siècle, que s’intercale entre ces deux périodes un «temps intermédiaire», le Moyen Âge. Ce triptyque(2) se diffuse en Europe au cours des XVIe et XVIIe siècles et fonde la périodisation savante de l’histoire du monde qui voit alors le jour (…). Plus tardive, évidemment, la dissociation(3) de l’époque contemporaine et des Temps modernes est traditionnellement datée, en ce qui concerne la France, de la seconde moitié du XIXe siècle. 

Le Bihan Jean, Mazel Florian(4), « La périodisation canonique de l’histoire : une exception française ? », Revue historique, 2016/4 (n° 680), p. 785-812. DOI : 10.3917/rhis.164.0785. URL : https://www.cairn.info/revue-historique-2016-4-page-785.htm

  1. traditionnelle et acceptée par les historiens.

  2. en trois parties

  3. séparation

  4. Jean Le Bihan est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rennes 2. Florian Mazel est un historien médiéviste, spécialiste de d’histoire sociale, enseignant à l’université d’Aix-Marseille

Document 2 :

C’est à partir de 1874 que les programmes d’histoire de l’enseignement secondaire français placent en 1789 la fin des temps modernes, fixée auparavant en 1814 ou 1815. Au demeurant cette date de 1789 n’est pas significative dans d’autres pays : les historiens anglais et américains accordent plus d’importance, pour la transition entre early modern et Late modern, à la révolution industrielle. En Union soviétique(1), c’est la révolution d’Octobre 1917 qui séparait époques « moderne » et « contemporaine ». En Chine maoïste(2), la période « moderne » commençait avec la guerre de l’Opium (qui éclata en 1839) par laquelle la Grande-Bretagne obligea l’empire des Qing à s’ouvrir au commerce international et la période « contemporaine » débutait avec le Mouvement étudiant du 4 mai 1919 en réaction aux prétentions territoriales japonaises. 

Jean Leduc(1), la construction historique des cadres de la périodisation, « Découper le temps, Actualité de la périodisation en histoire », revue ATALA N°17, 2014

  1. Etat qui a existé de 1922 à 1991 né de la révolution dite révolution d’octobre 1917.

  2. la Chine maoïste est nom donné à la période de l’histoire de la Chine dominée par Mao Zedong.  

  3. Jean Leduc est historien, spécialiste de l’histoire de l’éducation.

Document 3 :

La Révolution française et son prolongement napoléonien, généralement considérés, du moins par l’historiographie(1) française, comme le passage de la période moderne à la période contemporaine, ont également suscité des débats. Robert Palmer et Jacques Godechot(2) soutiennent, au Congrès international des sciences historiques de Rome de 1955, l’idée d’une « révolution atlantique » dans laquelle ces épisodes s’inséreraient, longue période commençant avant 1789 et s’achevant en 1850. S’en tenant au cas français, François Furet(3) publie en 1989, dans une histoire de France éditée par Hachette, La révolution, de Turgot(4) à Jules Ferry(5) (1770-­1880) : il y considère que le processus révolutionnaire, amorcé – comme le pensait déjà Tocqueville(6) – dès la fin de l’Ancien Régime, ne s’achève qu’avec l’arrivée au pouvoir des républicains opportunistes. 

Jean Leduc, la construction historique des cadres de la périodisation,

« Découper le temps, Actualité de la périodisation en histoire », revue ATALA N°17, 2014

 

  1. Histoire de la discipline historique. L'historien utilise différentes sources : les témoignages écrits ou oraux, la presse, les archives et des sources matérielles (objets, monnaie, vestiges archéologiques). Tous les objets, les sources et les méthodes de l'Histoire ont évolué. C'est le rôle de l'historiographie de comprendre ces changements.

  2. Robert Palmer était un historien américain du XXe siècle spécialiste du XVIIIe siècle. Jacques Gaudechot était un historien français du XXe siècle spécialiste de la Révolution française 

  3. François Furet était un historien français du XXe siècle, spécialiste de la Révolution française.

  4. Turgot fut un ministre de Louis XVI de 1774 à 1776

  5. Jules Ferry fut un homme politique français de la fin du XIXe siècle plusieurs fois ministre notamment de l’instruction publique. 

  6. Homme politique français de la première moitié du XIXe siècle. Il fut aussi un penseur politique qui s’intéressa beaucoup à la démocratie américaine.